Le Notre Père : 5 astuces pour lui redonner de la saveur

Je ne crois pas toujours en Dieu, mais même dans les moments où son inexistence me semble probable, le Notre Père demeure un point d’ancrage qui m’ouvre sur bien plus grand que moi. Cela dit, mâchouillés à répétition, les mots du Notre Père peuvent devenir fades. Au cours de ma vie, je l’ai donc cuisiné de 1000 manières, question d’en découvrir les différentes saveurs.

Dans chaque recette, un point commun : une recherche d’intimité. Le « Abba » que Jésus a prononcé il y a 2 000 ans est beaucoup plus proche de « papa » que de « père ». Cette notion de familiarité avec Dieu avait quelque chose de révolutionnaire à l’époque, et n’a toujours pas été intégrée par tous les chrétiens. Et pourtant… appeler Dieu « pôpa » ou même « pops » provoque en moi un esprit de filiation espiègle et m’ouvre complètement le cœur.

Voici pour vous mes 5 meilleures recettes et un bonus! Bonne dégustation!

GARDER SEULEMENT LES VERBES

Tout en prenant son temps, ne garder que les verbes et essayer de savourer le mouvement imprégné par chacun d’eux. En prime : avoir le sentiment de donner des ordres à Dieu, ce qui fait toujours du bien!

Notre papa – soit – sanctifie – viens – fais – donne – pardonne – soutiens – délivre.

SEULEMENT LES 2 PREMIERS MOTS

Notre. Père.

Seulement ces deux mots, répétés en laissant une pause entre chaque et en prenant le temps d’élargir petit à petit le cercle de ceux et celles que nous mettons dans le « Notre ». Commencer avec ses très-proches. Puis intégrer le deuxième cercle, le troisième, puis les concitoyens, les provinciaux, les nationaux, les continentaux, les mondiaux. Y inclure la nature et tout ce qui grouille, les étoiles et tout ce qui brille.

Objectif : ressentir ce que Freud appelait le « sentiment océanique » : hyper conscience du fait que ma propre petitesse est incessablement imbriquée dans un écosystème aux ramifications frôlant l’infini, et que cet infini n’est pas écrasant, au contraire. Il m’habite.

Notre. (silence)
Père. (silence)
(Répéter autant de fois que nécessaire)

LE PRIER EN « JE »

Étrangement, le fait de le prier en « Je » donne beaucoup plus d’ampleur au « Nous » lorsque j’y retourne. Déjà, avec les paroles traditionnelles, ça fonctionne. Et si je me permets de le mixer avec mes propres mots, on a droit à la version crémeuse!

Mon papa, qui vit en moi, que je te reconnaisse aussi dans les autres, que ton amour vienne et s’installe dans mes actes et mes pensées. Donne-moi aujourd’hui mon pain de ce jour. Apprends-moi à pardonner comme tu me pardonnes. Accompagne-moi dans mes désirs. Délivre-moi de ma susceptibilité.

CHANGER LES PAROLES

Quand par exemple le « Délivre-nous du mal » devient comme ci-haut « Délivre-nous de notre susceptibilité », ça fermente autrement! Le mal a souvent l’air extérieur à nous, mais notre susceptibilité… Je ne sais pas pour vous, mais moi, elle m’amène à causer bien des blessures inutiles.

Le Notre Père est lui-même inspiré d’extraits de textes différents, remaniés. En même temps que le Notre Père, Jésus lègue donc la capacité de s’approprier ce qui existe déjà. La version traditionnelle est bonne pour les prières en groupe, mais pour le reste, rien n’empêche de laisser à cette prière le droit de vivre et de se renouveler en nous. Voici ce que ça peut donner

Notre papa, qui vit en nous, que ta présence soit reconnue, que ton amour vienne et s’installe dans nos actes et nos pensées. Donne-nous aujourd’hui la force et l’énergie dont nous avons besoin. Apprends-nous à pardonner comme tu nous pardonnes. Soutiens-nous dans la tentation (de tout laisser tomber, de nous couper des autres, de devenir carrément cynique, etc.). Délivre-nous de notre susceptibilité.

LE PRIER À L’ENVERS

Rien de tel pour simplement déconstruire les automatismes d’une prière trop souvent récitée. Je ne vous l’écris même pas! Cassez-vous la tête pour le réciter à partir de la dernière phrase et voyez si ça vous permet de redécouvrir la saveur de certaines d’entre elles.

BONUS POUR LA PRIÈRE EN GROUPE

Pour renouveler le Notre Père en groupe, n’hésitez pas à le murmurer tous ensemble. Le murmure nous amène à goûter autrement les mots que nous prononçons, leur donnant une notion de confidence, de rapprochement.

Le tout à consommer sans modération!
N’hésitez pas à me partager vos propres inspirations autour du Notre Père.

Le Notre Père : 5 astuces pour lui redonner de la saveur

Mâchouillés à répétition, les mots du Notre Père peuvent devenir fades. Au cours de ma vie, je l’ai donc cuisiné de 1000 manières, question d’en découvrir les différentes saveurs. En voici 5 :
changer les paroles, le prier en « Je », garder seulement les verbes, répéter seulement les 2 premiers mots et le prier à l’envers.

Philosopher avec Le Petit Prince (conférence)

Se plonger dans les pages du Petit Prince peut apporter son lot de réflexions sur le sens de la vie, la mort, l’importance que l’on donne à l’être, au faire et à l’avoir, etc. Dans les réponses proposées dans ce conte, on retrouve la quintessence des valeurs humanistes. Dans un enrobage fleur bleue, de petites […]

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La mort est vitale

Il semble y avoir au cœur de l’histoire de l’humanité une incapacité à vivre ses deuils. Un réflexe nous poussant à repousser nos deuils. Comme si la nuit, l’hiver, l’absence de lune, le sommeil, la marée basse et l’expiration étaient des encombrants. Comme si le dépouillement était associé à la défaite. Comme si le pommier, l’hiver, était humilié.

Rémy Perras

Célébrant de funérailles : parce que fréquenter la mort permet d'apprécier la valeur de la vie. Et parce que chaque rencontre y est particulière, intense, unique. Formateur, Conférencier et Auteur : parce que philosopher permet de rechercher ensemble une certaine sagesse. Journaliste d'entrevues : parce que c'est le meilleur moyen pour un touche à tout de se satisfaire. Ex-globe-trotter : parce que les voyages forment la jeunesse, parce que c'est la meilleure école, j'ai sillonné ou habité le Québec, le Canada, le Mexique, le Guatemala, la France, la Belgique, le Danemark, les Pays-Bas et l'Inde. Depuis l'arrivée de mes propres enfants... je me suis calmé !

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